0692969766 [email protected]

Vitamine K

La vitamine K est nécessaire à la coagulation du sang. Elle est à la fois produite dans l’organisme par les bactéries intestinales et apportée par l’alimentation. Découvrez le rôle de cette vitamine et ses apports nutritionnels recommandés. De même, les risques de carences ou de surdosage ainsi que ses applications médicales.

Description de la vitamine K

La vitamine K compte parmi les vitamines liposolubles (solubles dans les graisses).

Elle existe sous plusieurs formes au sein de l’alimentation : la phylloquinone ou vitamine K1, présente dans les végétaux et les ménaquinones ou vitamines K2, apportées par les aliments d’origine animale.

vitamine-k

Rôles dans l’organisme 

  • La vitamine K est connue depuis longtemps pour son rôle dans la coagulation du sang : elle permet d’activer plusieurs facteurs de la coagulation et ainsi d’éviter les hémorragies.
  • Les chercheurs ont découvert depuis peu qu’elle est essentielle à la santé des os, facilitant l’action de l’ostéocalcine, une protéine impliquée dans la calcification osseuse. Elle serait indispensable à la croissance osseuse des enfants et des adolescents tout comme à la prévention de l’ostéoporose chez les adultes.

Références nutritionnelles (apports nutritionnels conseillés)

 Référence nutritionnelle en vitamine K en microgrammes (µg) par jour
Enfants de 1 à 3 ans15
Enfants de 4 à 9 ans25
Enfants de 10 à 12 ans40
Adolescents de 13 à 15 ans45
Adolescents de 16 à 19 ans65
Adultes45
Femmes enceintes ou allaitantes45
Personnes âgées de plus de 75 ans70

Les apports nutritionnels conseillés pourraient être revus à la hausse. En effet, les recommandations sont pour le moment basées sur les quantités nécessaires pour obtenir une synthèse optimale des facteurs de la coagulation. La mise en évidence récente des besoins en vitamine K pour la production d’autres protéines telles que l’ostéocalcine, incite certains chercheurs à proposer des apports conseillés supérieurs.

En outre, les agences sanitaires recommandent un apport de 1 µg par kilo de poids corporel et par jour. Ainsi, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé une valeur nutritionnelle de référence. Adulte : 75 µg par jour.

Sources alimentaires de vitamine K

Les aliments les plus riches en vitamine K1 sont les légumes feuilles (épinards, salades vertes), les différents choux, les huiles de soja et de colza. Les autres légumes et huiles, les fruits, en fournissent de plus faibles quantités.

Les aliments apportant de la vitamine K2 sont principalement les foies d’animaux et les produits laitiers fermentés (notamment les fromages). Sans oublier le natto, un aliment japonais traditionnel à base de soja fermenté et les algues, très concentrées.

Certains micro-organismes présents dans le côlon produisent de la vitamine K, qui semble toutefois peu assimilée.

 Apport en vitamine K en microgrammes (µg) pour 100 g d’aliment
Pissenlit778
Epinard cuit387
Huile de soja362
Bette cuite327
Salade chicorée frisée298
Endive crue230
Chou vert, choux de Bruxelles ou brocoli cuit110 à 140
Laitue, salade romaine100 à 130
Huile de colza70
Chou blanc, asperge cuite, céleri-rave60 à 70
Foie de génisse cru62
Pruneau60
Huile d’olive48
Edam48
Haricot vert cuit39

A titre d’exemple : 30 g de salade romaine (une assiette moyenne) assaisonnée avec 10 g d’huile de colza (une cuillère à soupe) = 100 % de l’apport conseillé à un adulte.

A savoir :

Sensible à la lumière, à la chaleur et à l’oxydation à l’air. Pour la préserver, il convient de conserver les aliments au frais et à l’abri de la lumière et de les consommer rapidement. Le cas échéant, de les cuire juste le temps nécessaire et d’éviter de les réchauffer à plusieurs reprises.

Indications médicales de la vitamine K

PRÉVENTION DE LA MALADIE HÉMORRAGIQUE DU NOUVEAU-NÉ +++

A la naissance, voire durant les premières semaines de vie, les pédiatres prescrivent un supplément de vitamine K, qui compense les faibles réserves du fœtus, puis l’apport insuffisant du lait maternel.

CORRECTION DE LA CARENCE EN VITAMINE K +++

La vitamine K peut éventuellement être administrée par injection, lorsqu’existe une maladie qui empêche son assimilation intestinale (mucoviscidose, maladie de Crohn…).

CORRECTION DE L’HYPOTHROMBINÉMIE LIÉE À L’INGESTION ACCIDENTELLE D’UN RATICIDE +++

La prothrombine étant un facteur de la coagulation, l’apport de vitamine K sert à prévenir les hémorragies.

PRÉVENTION DE L’OSTÉOPOROSE ++

La vitamine K active l’ostéocalcine, la principale protéine impliquée dans la minéralisation du tissu osseux. Des études d’observation ont trouvé que les plus forts consommateurs de vitamine K, comparés aux plus faibles consommateurs, ont une meilleure densité osseuse ou un risque moindre de fracture. Cet effet bénéfique semble nécessiter un apport d’au moins 100 µg par jour, apport pouvant être facilement assuré par l’alimentation (l’apport peut atteindre 300 à 400 µg si les repas sont riches en légumes verts).

Des chercheurs ont voulu voir si la supplémentation en vitamine K améliore la santé osseuse. Une méta-analyse publiée en 2006, recensant 13 essais d’intervention, a conclu qu’elle améliore la densité osseuse et réduit le risque de fracture de la hanche chez les personnes ostéoporotiques. Une étude d’intervention menée pendant 3 ans sur des femmes ménopausées a trouvé qu’une supplémentation de 180 mg par jour freine la perte osseuse physiologique et diminue le risque de tassements vertébraux. Mais, d’autres études n’ont pas retrouvé ces résultats prometteurs. Ces résultats qui semblent contradictoires, pourraient s’expliquer par le fait que dans certains essais, les participants reçoivent aussi du calcium et/ou de la vitamine D, d’autres nutriments impliqués dans la santé osseuse.

En attendant d’en savoir plus, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), a autorisé une allégation indiquant qu’une relation est établie entre apports suffisants en vitamine K (d’origine alimentaire) et état osseux normal.

PRÉVENTION CARDIOVASCULAIRE +

La vitamine K active la Matrix Gla-Protein (MGP), une protéine qui prévient les calcifications artérielles, ces dernières étant considérées comme marqueurs du risque cardiovasculaire (la calcification des artères réduit leur élasticité). Des études sur l’animal suggèrent qu’un faible statut en vitamine K réduit la production de MGP et augmente ainsi le risque cardiovasculaire. Deux études menées aux Pays-Bas, ont observé une association inverse entre apport de ménaquinones (vitamines K2) – mais pas de phylloquinone ou vitamine K1 – et calcification des artères. Dans l’une des études, les participants dont l’apport en vitamines K2 était compris entre 21,6 et 32,7 µg par jour ou supérieur à 32,7 mg, avaient respectivement 27 % et 57 % de risque en moins de décéder par maladie coronarienne (les coronaires sont les artères qui irriguent le cœur).

Dans une petite étude d’intervention menée sur 388 personnes âgées de 60 à 80 ans, la supplémentation en vitamine K1, 500 µg par jour pendant 3 ans, a permis de freiner la progression de la calcification des coronaires de 6 % chez ceux qui étaient déjà porteurs de calcifications au début de l’étude (comparativement à ceux qui ont reçu un placebo). Les auteurs de l’étude ont néanmoins conclu que des travaux complémentaires sont nécessaires pour bien évaluer l’intérêt d’une supplémentation. Ces recherches pourraient profiter aux personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique, qui sont particulièrement concernées par les calcifications artérielles.

Risques de sous-dosage et de surdosage en vitamine K

LES RISQUES EN CAS DE CARENCE EN VITAMINE K

  • Les nouveau-nés sont à risque de déficience en vitamine K, du fait que cette vitamine passe difficilement la barrière placentaire au cours de la grossesse. Le lait maternel est pauvre en vitamine K. Ils peuvent ainsi développer la maladie hémorragique du nouveau-né, qui se traduit par des saignements gastro-intestinaux, voire une hémorragie cérébrale. En prévention, les pédiatres prescrivent un supplément de vitamine K dès la naissance.
  • Chez l’adulte, la carence est rare. Elle peut néanmoins intervenir en cas de troubles de l’assimilation des graisses – en lien avec des maladies digestives -, d’autant que les réserves de vitamine K de l’organisme sont faibles, comparées à celles des autres vitamines liposolubles. Le principal risque est hémorragique. Une déficience à long terme peut avoir des conséquences osseuses.
  • Un déficit en vitamine K est observé au bout de 4 ans chez les deux tiers des personnes ayant bénéficié d’une dérivation bilio-pancréatique (l’une des interventions chirurgicales pratiquées en cas d’obésité).
  • La carence peut aussi être due à un traitement anticoagulant : voir plus bas les Interactions.

LES RISQUES EN CAS D’EXCÈS DE VITAMINE K

Il n’existe pas de données montrant que des apports importants en vitamine K puissent être négatifs. Les experts n’ont donc pas fixé de dose limite de sécurité.

Cependant, l’Agence française de sécurité sanitaire (Afssa) a estimé que les compléments alimentaires polyvitaminés ne doivent pas fournir plus de 25 µg de vitamine K. Cela de façon à ne pas interférer avec un éventuel traitement d’anti-vitamine K.

Interactions

  • Avec les anti-vitamines K, qui sont les médicaments anticoagulants les plus prescrits. Pendant des années, il a été recommandé aux personnes prenant ces médicaments, de limiter leur apport en vitamine K (en évitant les aliments les plus riches, en particulier les épinards et les choux), de façon à ce que cette dernière ne modifie pas l’efficacité de leur traitement. Or, des travaux récents montrent que l’efficacité des anti-vitamines K peut varier considérablement lorsque l’apport est faible, inférieur ou égal à 25 µg par jour. Des études cliniques ont montré qu’il y a un intérêt, notamment chez les personnes dont la réponse au traitement est fluctuante, à prescrire une supplémentation de 100 à 150 µg de vitamine K par jour pour stabiliser le traitement. En pratique, il vaut mieux que les personnes traitées par anti-vitamines K mangent normalement des légumes verts et autres aliments et que leur dose de médicament soit adaptée à leurs apports.
  • Avec certains antibiotiques prescrits de façon prolongée (plusieurs semaines). Les antibiotiques sont susceptibles de détruire les micro-organismes intestinaux. En effet, ils produisent de la vitamine K et ainsi de l’altérer à moyen terme.

Source : https://www.doctissimo.fr

Facebook
Twitter