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Vitamine B9 ou acide folique

La vitamine B9 ou acide folique est essentielle au renouvellement cellulaire ainsi qu’au développement du fœtus en cas de grossesse. Découvrez le rôle de cette vitamine, ses apports nutritionnels recommandés, les risques de carences ou de surdosage ainsi que ses applications médicales.

Description de la vitamine B9

La vitamine B9 ou acide folique compte parmi les vitamines hydrosolubles (solubles dans l’eau). Elle est aussi dénommée : « folates », rappelant que la vitamine B9 est abondante dans les légumes verts à feuilles (épinards, salades…).

vitamine-b9

Références nutritionnelles (apports nutritionnels conseillés)

 Référence nutritionnelle en vitamine B9 en microgrammes (µg) par jour
Nourrisson70
Enfants de 1 à 3 ans100
Enfants de 4 à 6 ans150
Enfants de 7 à 9 ans200
Enfants de 10 à 12 ans250
Adolescents de 13 à 15 ans300
Adolescentes de plus de 16 ans et femmes330
Adolescents de plus de 16 ans et hommes330
Femmes enceintes ou allaitantes400

A savoir

Compte-tenu des besoins importants occasionnés par la grossesse, les experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), recommandent la prise d’un supplément médicamenteux de 400 µg de vitamine B9, au moins deux mois avant la conception et durant le premier mois de grossesse.

Où trouver la vitamine B9 dans les aliments ?

Les aliments les plus riches en vitamine B9 sont les foies d’animaux, les fruits secs à coque (noisette, noix, amande…), les légumes de couleur verte  (épinards, salades, oseille…), certains fromages, la châtaigne, le melon et les œufs. Les autres fruits et légumes en apportent en moindre proportion.

Beaucoup de céréales de petit-déjeuner sont enrichies en vitamines du groupe B, dont la B9. La levure de bière peut compléter les apports.

 Teneur en vitamine B9 en microgrammes (µg) pour 100 g
Levure de bière2500
Céréales de petit-déjeuner enrichies118 à 333
Foie de génisse, d’agneau ou de veau, cuit155 à 330
Pâté de foie de volaille321
Foie de morue en boîte263
Persil, menthe, ciboule110 à 198
Noisette, noix, cacahuète, amande, pistache93 à 198
Pissenlit191
Epinard175
Saint Marcellin133
Chicorée frisée, mâche, scarole, laitue91 à 125
Châtaigne cuite à l’eau120
Choux de Bruxelles, brocoli, cuits102 à 110
Fromages de chèvre80 à 108
Haricot mungo (« germe de soja ») cru106
Œuf cuit dur106
Melon98

A titre d’exemple :

2 œufs + 150 g d’épinards cuits (une assiette moyenne) + 30 g de camembert (1/8) = 100% de l’apport conseillé à une femme

La vitamine B9 est sensible à l’oxydation à l’air, à la lumière et la chaleur. Puisqu’elle est hydrosoluble, elle s’échappe dans les eaux de cuisson. Pour la préserver, il faut conserver les aliments au frais, à l’abri de la lumière. Les cuire juste le temps nécessaire, de préférence à la vapeur et éviter de les réchauffer à plusieurs reprises.

Indications médicales de la vitamine B9

EN PRÉVISION D’UNE GROSSESSE +++

L’Anses recommande un supplément de 400 mg d’acide folique au moins 2 mois avant la conception, en prévention d’une carence aux conséquences graves sur le fœtus.

CORRECTION DE LA CARENCE EN VITAMINE B9 +++

En cas de carence avérée, l’acide folique est prescrit à forte dose de façon à corriger les symptômes. Par exemple 5 mg par jour chez un patient alcoolique. Chez les personnes ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique (contre l’obésité), la carence en vitamine B9 est observée dans 20 % des cas un an après l’intervention. En prévention, un complexe multivitaminé, à prendre tous les jours, est prescrit par le chirurgien ou le médecin traitant.

MAINTIEN DES FACULTÉS INTELLECTUELLES CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES +

Certaines études d’observation ont trouvé un lien entre taux sanguin de folates bas et moindres performances intellectuelles, voire risque accru de maladie d’Alzheimer ou de démence. Pourtant, l’analyse de plusieurs études d’intervention ne permet pas de conclure à l’intérêt d’une supplémentation en acide folique  – seul ou associé à de la vitamine B6 et/ou de la vitamine B12 –  pour améliorer les performances cognitives (mémoire, concentration…). Dans un essai mené aux Etats-Unis, une supplémentation en vitamines B6, B9 et B12 pendant 18 mois, n’a pas permis de freiner le déclin cognitif chez des patients souffrant déjà de la maladie d’Alzheimer.

PRÉVENTION CARDIOVASCULAIRE +

Le déficit en vitamines B9 et B12 a pour conséquence une augmentation du taux sanguin de l’homocystéine, un composé dont l’excès est associé à une augmentation du risque cardiovasculaire. Dans plusieurs études d’intervention, des chercheurs ont montré qu’une supplémentation en vitamines B9 et B12 (parfois aussi en vitamine B6) à long terme (par exemple pendant 7 ans) permet de réduire le taux d’homocystéine, mais paradoxalement ne diminue pas le nombre d’évènements cardio-vasculaires.

Une analyse publiée en 2012, qui a réexaminé 19 études d’intervention sur un total de 47 921 participants, conclut que la supplémentation en vitamines B6, B9 et B12, ne diminue ni le risque cardio-vasculaire, ni la survenue d’infarctus du myocarde, ni les maladie des coronaires (artères du cœur), ni la mortalité cardio-vasculaire, mais réduit néanmoins le risque d’accident vasculaire cérébral de 12 %. Le rôle de la vitamine B9 ne peut pas être totalement précisé, puisque cette dernière est systématiquement associée aux vitamines B6 et B12.

PRÉVENTION DES CANCERS +

Plusieurs études d’observation ont trouvé une relation inverse entre apport en vitamine B9 et risque de divers cancers, notamment du côlon, du poumon, du pancréas, de l’estomac et du sein. Par exemple, une grosse étude menée aux Etats-Unis sur 525 000 participants âgés de 50 à 71 ans, a observé une réduction de 30 % du risque de cancer du côlon chez ceux dont les apports en vitamine B9 étaient au moins de 900 mg par jour, comparés à ceux qui en ingéraient moins de 200 mg. Des études d’intervention se sont intéressées à l’impact d’une supplémentation en vitamine B9 sur la survenue des cancers. Dans certaines études, la supplémentation n’a eu aucune incidence.

Dans d’autres études, la supplémentation a paradoxalement augmenté le risque de certains cancers. Des recherches complémentaires sont donc nécessaires pour mieux connaître les liens entre vitamine B9 et cancers. En l’état actuel des connaissances – et après avoir réexaminé 13 essais regroupant 50 000 individus -, les chercheurs pensent que la vitamine B9, à dose nutritionnelle, prévient la formation de cellules anormales chez les individus sains. En revanche, a fortiori à forte dose correspondant à une supplémentation, elle semble favoriser la prolifération des cellules cancéreuses lorsque de premières cellules anormales sont déjà présentes.

Risques de sous-dosage et de surdosage en vitamine B9

LES RISQUES DE CARENCE EN VITAMINE B9

Une déficience ou une carence peut intervenir lorsque les apports sont insuffisants (alimentation déséquilibrée, trop pauvre en fruits et légumes), en cas de mauvaise assimilation (éventuellement liée à une maladie digestive) ou lorsque les besoins sont accrus, par exemple chez la femme tout au long de la grossesse. Les personnes âgées présentent fréquemment une déficience en vitamine B9. La carence est très fréquente chez les personnes alcooliques chroniques. Elle se traduit par une anémie macrocytaire (des globules rouges trop gros), des troubles digestifs (nausées, vomissements…), une atteinte des muqueuses (par exemple, une inflammation des gencives), des troubles neurologiques.

LES RISQUES D’EXCÈS EN VITAMINE B9

Consommée à fortes doses, la vitamine B9 peut induire des troubles neurologiques. Les experts ont fixé une dose limite de sécurité à 1 000 mg (1 mg) par jour. Le cas échéant, la prise d’une dose supérieure doit être effectuée sous contrôle médical.

Interactions

  • La prise régulière de contraceptifs oraux semble affecter le taux sanguin en vitamine B9.
  • La méthothrexate, prescrite dans le traitement de certains cancers, de la polyarthrite rhumatoïde ou du psoriasis, est un antagoniste de l’acide folique (annule ses effets). Une supplémentation de 5 mg de vitamine B9 par semaine, est d’ailleurs recommandée pour limiter les effets secondaires (symptômes digestifs, stomatite…).
  • La supplémentation en vitamine B9 est contre-indiquée en cas de traitement au phénobarbital, à la primidone, à la phénytoïne ou à la fosphénytoïne, des médicaments antiépileptiques qui sont très rapidement dégradés par l’acide folique.

Source : https://www.doctissimo.fr

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